Glossaire
Glossaire de l’ampli à lampes
Les termes essentiels
1
12AX7 (aussi appelée ECC83)
La lampe de préampli la plus utilisée au monde. On en trouve dans pratiquement tous les amplis à lampes. Elle possède un fort coefficient d'amplification, ce qui en fait une excellente candidate pour les étages de gain. Le modèle de 12AX7 choisi (selon les fabricants : Mullard, Sovtek, Telefunken, JJ, Tung-Sol...) peut influencer subtilement le son et le grain de l'ampli.
B
Bias (polarisation)
Le réglage du courant de repos qui traverse les lampes de puissance lorsqu'aucun signal n'est joué. Un bias bien réglé assure que les lampes travaillent dans des conditions optimales : ni trop froid (son terne, lampes qui vieillissent mal), ni trop chaud (lampes qui s'usent prématurément, risque de panne). C'est un réglage délicat, à confier à un technicien qualifié. Dans la plupart des cas, les ampli guitares qui utilisent des el84 n'ont pas de réglage du bias. C'est soit un cathode bias ou un "fixed bias" qui polarise l'étage de puissance. Parfois un bias automatique.
Breakup (point de breakup)
C'est le moment où l'ampli commence à saturer naturellement — les lampes sont poussées à leur limite et produisent une distorsion harmonieuse et musicale. Le breakup d'un ampli à lampes est souvent décrit comme « chaud », « vivant » ou « réactif », car il répond à la dynamique du jeu : un jeu appuyé sature, un jeu plus léger retrouve de la clarté.
C
Cathode Follower (suiveur de cathode)
Un montage particulier où la lampe est câblée de façon à offrir une impédance de sortie très basse. En pratique, cela permet de piloter facilement des tonestacks ou des étages suivants sans perte de signal. Il n'amplifie pas le son mais « tamponne » le signal. On le retrouve fréquemment dans les étages de préampli des amplis Vox, par exemple.
Cathode bias
C'est la polarisation d'une lampe par la cathode. La valeur de la résistance de cathode détermine la tension de bias.
Condensateur (capacitor)
Composant électronique très courant dans les amplis. Les condensateurs ont plusieurs rôles : filtrer l'alimentation, bloquer certaines fréquences ou au contraire les laisser passer, et stocker de l'énergie. Avec le temps, les condensateurs électrolytiques vieillissent et peuvent dégrader le son ou causer du bruit. La révision complète d'un ampli vintage comprend souvent leur remplacement.
D
Déphaseur (Phase Inverter / Phase Splitter)
Dans un ampli push-pull (le plus courant), le signal doit être divisé en deux signaux identiques mais de sens opposés pour alimenter les deux groupes de lampes de puissance. C'est le rôle du déphaseur. Il n'amplifie pas vraiment le son, mais il influence la façon dont l'ampli sature et répond au jeu. Certains déphaseurs sont plus « colorés » que d'autres.
Driver (étage driver)
Situé entre le préampli et l'étage de puissance, le driver a pour rôle de « préparer » le signal avant qu'il n'attaque les lampes de puissance. Il amplifie et met en forme le signal pour que les lampes de puissance travaillent dans les meilleures conditions. Un bon driver contribue beaucoup à la dynamique et à la réponse de l'ampli.
Dynamique
La capacité de l'ampli à répondre aux variations de jeu. Un ampli très dynamique perçoit la différence entre un picking léger et un coup de médiator appuyé, et traduit ces nuances en variations sonores. Les amplis à lampes sont réputés pour leur excellente dynamique, surtout lorsqu'ils sont joués dans leur zone de breakup.
E
EL84
La lampe de puissance phare des amplis de style Vox. Cette petite lampe délivre un son cristallin et brillant aux volumes modérés, qui se transforme en une saturation chantante, presque vocale, lorsqu'on la pousse. C'est la lampe caractéristique du son anglais des années 60. Les amplis EL84 fonctionnent généralement entre 15 et 30 watts, parfois 50.
Étage de puissance (section de puissance)
C'est le dernier étage actif de l'ampli — celui qui reçoit le signal amplifié et le booste suffisamment pour alimenter le haut-parleur. Les lampes de puissance (EL84, EL34, 6L6...) s'y trouvent. La saturation de cet étage est souvent décrite comme chaleureuse et musicale : c'est la « couleur » caractéristique des amplis à lampes.
F
Fixed bias
C'est une polarisation fixe avec une valeur prévue par le constructeur dans la conception de l'ampli. Mesa Boogie utilise beaucoup le fixed bias même sur des amplis équipés de 6L6. Dans ce cas, on ne peut pas installer des lampes qui ont un grade trop élevé ou trop bas dans l'ampli.
G
Gain Staging
L'art de doser le niveau de signal à chaque étage de l'ampli pour obtenir le meilleur son possible. Trop de gain trop tôt et le signal sature de façon peu musicale ; pas assez et le son manque de corps. Un bon gain staging repose sur l'équilibre entre le volume de la guitare, le gain du préampli et le volume master. C'est souvent là que se joue le caractère sonore final du rig.
Grade ( des lampes )
Le grade des lampes est une valeur que l'on attribue pour pouvoir les classer. Chaque constructeur à son échelle. Chez groove tube ce sont des numéros, de un à 10. Chez Fender et Mesa Boogie, des couleurs. Les trieurs de lampes affichent soit des valeurs de courant, soit de gain pour classer les lampes. Les grades des lampes déterminent le réglage de bias quand il y en a. Sur les amplis qui n'ont pas de réglage, il faut installer des grades medium pour avoir la meilleure polarisation possible.
H
Harmoniques
Lorsqu'une lampe sature, elle ne produit pas seulement la fréquence de la note jouée — elle génère également des multiples de cette fréquence, appelés harmoniques. Les harmoniques pairs (2e, 4e...) sont perçus comme musicaux et chauds, les harmoniques impairs (3e, 5e...) comme plus agressifs. Les amplis à lampes produisent surtout des harmoniques pairs, ce qui explique leur son perçu comme plus « naturel ».
Headroom
La marge disponible avant que l'ampli commence à saturer. Un ampli avec beaucoup de headroom reste propre et clair même à volume élevé. Un ampli avec peu de headroom commence à « colorer » et saturer dès les volumes modérés. Pour jouer à la maison, un petit ampli à faible headroom peut être idéal : il offre du grain et du caractère à des niveaux tout à fait raisonnables.
Hum (ronflement )
Ce bourdonnement à 50 Hz (ou 100 Hz) que l'on entend parfois en sortie d'un ampli, surtout à volume élevé sans jouer. Il peut avoir plusieurs origines : condensateurs d'alimentation fatigués, câblage mal blindé, mauvaise mise à la masse... Un hum qui s'aggrave avec le temps est souvent le signe que des condensateurs électrolytiques sont à remplacer.
Le hum peut aussi venir d'un déséquilibre de l'étage de puissance quand les lampes ne s'usent pas au même rythme ou lorsqu'elles ne sont pas appairées. Sur certains amplis, il y a un "Hum balance" qui sert à équilibrer l'étage de puissance et qui permet de diminuer cette ronflette. Sur les vieux Twin Fender, c'est très efficace. On en trouve aussi parfois sur les amplis qui ont une 12bh7 .
I
Impédance (Ω — ohms)
L'impédance est, pour simplifier, une résistance au passage du courant alternatif. Elle s'exprime en ohms (Ω). Dans un ampli, il est impératif que l'impédance de sortie corresponde à celle du haut-parleur (4, 8 ou 16 ohms). Un mauvais appariement d'impédance peut dégrader le son et, dans les cas extrêmes, endommager le transformateur de sortie ou les lampes.
M
Matched pair / Matched quad (lampes appariées)
Pour un fonctionnement optimal en push-pull, les lampes de puissance doivent être « appariées » : sélectionnées par paires (matched pair) ou par quatre (matched quad) pour avoir des caractéristiques électriques aussi proches que possible. L'utilisation de lampes appariées réduit les distorsions, améliore l'équilibre du son et facilite le réglage du bias.
Mise à la masse (ground)
Dans un ampli, tous les composants partagent un point de référence commun appelé masse ou ground (zéro volt). Un câblage soigneux de la masse est essentiel pour éviter les bruits, les ronflements et les oscillations parasites. C'est un point souvent négligé dans les amplis d'entrée de gamme ou lors de réparations bâclées.
P
Préampli (préamplificateur)
C'est le premier étage de l'ampli — celui qui reçoit le signal de la guitare et commence à l'amplifier. C'est ici que se forge une grande partie du son : le grain, le mordant, la couleur tonale. Les potentiomètres de volume et d'égalisation (basses, médiums, aigus) se trouvent généralement dans cet étage.
Push-Pull
La configuration la plus répandue dans les amplis d'une puissance correcte (à partir de quelques watts). Deux paires de lampes de puissance travaillent en alternance : l'une amplifie la partie positive du signal, l'autre la partie négative. Résultat : moins de distorsion à bas volume, plus de puissance disponible, et un son équilibré avec beaucoup de « headroom ».
R
Rebias (re-polarisation)
Lors du remplacement des lampes de puissance, il est indispensable de refaire le réglage du bias — c'est le rebias. Chaque lampe, même du même modèle et du même fabricant, présente des caractéristiques légèrement différentes. Un rebias garantit que les nouvelles lampes fonctionnent correctement et durent longtemps. Cette étape ne doit jamais être ignorée.
Rectificateur (lampe rectificatrice)
Dans certains amplis (notamment les designs vintage), une lampe est dédiée à la conversion du courant alternatif (AC) en courant continu (DC) pour alimenter le circuit. Cette lampe rectificatrice — souvent une EZ81, GZ34, ou 5Y3 — ajoute une légère souplesse à l'alimentation qui se traduit par un « sag » caractéristique : l'ampli respire légèrement avec le jeu, ce que beaucoup trouvent très musical.
Résistance
Composant de base de tout circuit électronique, qui limite le passage du courant. Dans un ampli, les résistances participent à définir les points de polarisation des lampes, les niveaux de gain, et l'atténuation du signal. Elles sont généralement très fiables, mais certaines peuvent dériver avec le temps et légèrement modifier le comportement de l'ampli.
Révision (recap)
La révision complète d'un ampli — souvent appelée recap — consiste à remplacer tous les condensateurs électrolytiques vieillissants, vérifier les résistances driftées, nettoyer les contacts et régler le bias. Elle est fortement recommandée sur tout ampli de plus de 20 à 25 ans. Après une bonne révision, un ampli ancien peut retrouver toute sa jeunesse sonore.
S
Sag (compression à lampes)
Lorsqu'un accord fort est joué, la demande de courant est soudaine. L'alimentation de l'ampli, si elle n'est pas parfaitement rigide, fléchit légèrement sous cette demande, ce qui provoque une micro-compression naturelle du son — le sag. Ce phénomène, surtout présent avec une lampe rectificatrice, est souvent décrit comme ce qui donne aux amplis vintage leur côté « élastique » et réactif.
Saturation (overdrive naturel)
La distorsion produite par les lampes poussées au-delà de leur zone linéaire. Contrairement à une pédale de distorsion, la saturation naturelle d'un ampli à lampes est riche en harmoniques pairs, ce qui lui confère un caractère musical et chaleureux. C'est l'une des raisons fondamentales pour lesquelles les guitaristes continuent de préférer les amplis à lampes.
Single-Ended
Dans ce type de circuit, une seule lampe (ou une seule paire) amplifie l'intégralité du signal. C'est la configuration des petits amplis de quelques watts. Le son est souvent décrit comme très direct, chaleureux, avec des harmoniques particulièrement musicaux, même si la puissance est limitée. Beaucoup de guitaristes en sont passionnés pour le jeu à la maison.
Sustain
La durée pendant laquelle une note continue à résonner après avoir été jouée. Un ampli avec un bon sustain maintient les notes longtemps, ce qui est recherché pour les solos et le jeu expressif. La saturation naturelle des lampes contribue au sustain en compensant l'atténuation naturelle de la corde.
T
Tonestack (circuit de tonalité)
C'est le circuit de réglage des tonalités : basses, médiums, aigus. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, un tonestack coupe des fréquences plutôt qu'il n'en amplifie — il atténue certaines plages pour sculpter le son. Il existe différentes architectures de tonestacks (Fender, Marshall, Vox...) qui donnent des caractères sonores très différents.
Transformateur d'alimentation
Il fournit les différentes tensions nécessaires au fonctionnement de l'ampli : la haute tension pour les lampes de puissance, les tensions de chauffage des filaments, et parfois une tension dédiée à la lampe rectificatrice. Sa robustesse détermine la stabilité de l'alimentation et donc la tenue du son sous charge.
Transformateur de sortie
L'un des composants les plus importants — et les plus coûteux — d'un ampli à lampes. Il fait le lien entre les lampes de puissance (qui fonctionnent en haute impédance) et le haut-parleur (basse impédance). Sa qualité influence directement la réponse en fréquence, la puissance disponible et la tenue dans le grave. Un bon transformateur représente souvent 30 à 40 % du coût de fabrication d'un ampli.
el84amp.fr